Pasted Graphic
La Jalousie… Une ombre au tableau !


Etes-vous de ceux qui enfilent leur uniforme de détective à la maison ou faites-vous partie de ceux qui ont à répondre à un interrogatoire qui, même en ayant répondu avec assurance aux questions, laissera un doute planer sur vous ?
La jalousie, pour celui qui la vit comme pour celui qui la subit, peut causer bien des tourments. Comme le jaloux aura tendance à vouloir confirmer ses hypothèses plutôt que les infirmer, il sera plus enclin à dépenser beaucoup d’énergie (la sienne et la vôtre) pour ne rien laisser lui échapper et surtout pour monter son dossier de preuves. Un cercle vicieux s’établi alors car il doit trouver quelque chose pour justifier une telle dépense d’énergie. Tout comme il est normal d’aimer avoir raison, le jaloux aura ce choix du lâcher prise de son désir d’avoir raison… Facile à faire ? Prenez quelques instants pour vous rappeler votre dernier argument lors d’un conflit. Était-il facile d’identifier la partie (si infime fut-elle) qui donnait raison à l’autre ?

L’insécurité affective de base est dans bien des cas à l’origine de la jalousie. Un biais s’est produit dans le passé au niveau de la confiance. Cette blessure ressentie envers un parent ou une personne significative est venue perturber le développement d’un amour pour soi, un sentiment d’être aimé et de pouvoir être aimé. Le jaloux veut posséder l’autre, et éviter qu’il lui échappe au profit d’un tiers. Il sent qu’il a besoin de l’autre pour exister. Il devra travailler à regagner confiance en lui en développant des stratégies pour maitriser sa jalousie au profit de pensées plus saines à son égard. À savoir qu’il « mérite » l’autre et son amour et qu’advenant le cas où cela ne fonctionnerait plus au niveau du couple, il sera capable également de s’épanouir seul et/ou de se faire aimer par d’autres. Le travail sera donc d’apprendre à s’aimer davantage, se sécuriser et développer une saine autonomie. Comprendre qu’on ne peut posséder l’autre comme on possède un objet et que d’autres que vous agiront au niveau de l’épanouissement de l’autre et que cela n’en enlève rien à l’amour que vous donnez et qui vous est donné.

Plusieurs approches en psychologie peuvent aider à travailler au niveau des cognitions erronées et de la confiance de base à établir en soi, en l’autre et dans le monde en général. Il reste à voir ce que vous voulez faire : attendre de trouver la preuve chez votre conjoint ou prendre conscience que le travail qui apaisera le plus sera celui fait sur vous, et non sur l’autre… Après tout, la définition d’un problème ne serait-elle pas de répéter constamment une solution qui ne fonctionne pas ? Que vous trouviez ou non la fameuse preuve qui incriminera le proche, cela fera-t-il en sorte que vous vous sentirez mieux dans tout ça ? La psychothérapie ou démarche personnelle pourra du moins vous aider à relativiser tout ça. À Défaut de trouver le papier incriminant, vous pourrez au moins trouver une certaine paix intérieure. Bonne démarche.

Marie-Véronique Matte, psychologue